Ci dessous une interview de Philippe Gabilliet, professeur en comportement organisationnel intervient dans les domaines de la prospective managériale, du développement du leadership dans les programmes de formation destinés aux managers et dirigeants.


Il a présenté en 2010 une interview sur l’éloge de l’optimisme que je trouve tout simplement magnifique.

Lors de sa présentation, il a développé les meilleurs raisons de préférer être optimiste qu’être pessimiste et comment développer notre optimisme.

  

Présentation de Philippe Gabilliet

Pourquoi être optimiste ?

Tout simplement, car d’après toutes les études 

- l’optimiste a un bien meilleur taux de réussite.

L’optimisme a ceci d’important c’est qu’il favorise la persévérance.

- l’optimiste vit plus heureux

- l’optimiste vit en meilleur santé car il est de « bonne humeur » au sens d’Hippocrate.

Au sujet des bienfaits de l’optimisme sur la santé, Thierry Janssen a écrit dans  » la solution intérieure » :

« une attitude optimiste face à la vie est à ce jour le médicament le plus puissant et le moins coûteux que l’être humain n’est jamais eu à sa disposition. »

- l’optimiste vit plus vieux

- l’optimiste vit bien entouré.

 

Qu’est ce qu’un optimiste ?

L’optimiste ce n’est pas ce que l’on croit. On dit parfois : l’optimiste voit la vie en rose … c’est la méthode Coué, eh bien pas du tout. Non, l’optimiste n’a pas toujours le moral : ils ont aussi des coups de blues, mais ça passe.

L’optimiste de nos jours ce n’est pas être dans le déni ou refuser de voir la misère du monde.

Etre Optimiste c’est être confiant. C’est croire que tôt ou tard, même si c’est tard, la vie, l’amour trouvent leur chemin.

 

L’optimisme : comment cela se mesure ?

Plusieurs tests permettent de mettre en évidence le regard que nous portons sur nous mêmes, nos réussites et nos échecs.

L’optimiste et le pessimiste n’ont pas du tout le même regard sur les difficultés qu’ils rencontrent.

  • la causalité

Les pessimistes ont plutôt tendance à croire que les difficultés viennent entièrement d’eux mêmes et de leur manquement. Ils portent le poids des

difficultés sur leurs épaules. Les optimistes eux pensent qu’une grande partie de la non réussite vient de la situation et des circonstances extérieures.

  • la stabilité

Un pessimiste pense que ces galères sont là et qu’elles le resteront. » Je n’y arrive pas et donc je n’y arriverais jamais ». Il ne voit pas en l’avenir de possibilité d’amélioration.

Un optimiste lui voit ses galères comme temporaires. Aujourd’hui ça ne marche pas encore pour l’instant mais demain ça fonctionnera, c’est sur !

  •  la globalité

Le pessimiste a tendance à généraliser ses difficultés et à les diffuser dans les domaines voisins. Tandis qu’un optimiste va restreindre la difficulté à ce qui est en jeu dans la situation présente. Exemple dans le domaine du sport : imaginez un joueur de tennis. Il rate une balle. Pour un pessimiste : « j’ai raté la balle, je vais rater le jeu, le match. Je suis nul au tennis. Je suis nul. »

Pour un optimiste : « Il a été fort sur cette balle (sous entendu l’autre). Je gagnerai le prochain point. »

Pour compléter la présentation de Philippe Gabilliet, je dirai que c’est bien évidement une caricature. Le test mesure le comportement de chacun dans ses 3 domaines. Une personne n’est pas soit optimiste ou pessimiste mais elle a des tendances qui peuvent se combiner. Grâce au test chacun peut ensuite prendre conscience de son fonctionnement et l’adapter.

J’ai eu l’occasion d’utiliser ce test avec quelques clients et pour moi-même. Il est très éclairant et permet en quelques questions de comprendre les idées nous limitent et d’en changer !

 

L’importance de l’optimisme dans la réussite et dans l’entreprise :

Le critère de l’optimisme en recrutement est un truc « topissime ».

D’après l’expérience de Martin Seligman : des commerciaux très optimistes et possédant des compétences techniques plus faibles que leurs collègues moins optimistes ont été embauchés. Les plus optimistes et moins compétents techniquement ont obtenus 21 % de résultat de plus que leurs collègues la première année  et 57%  la seconde année !

L’optimisme a ceci d’important c’est qu’il favorise la persévérance.

 

Est-ce que l’on a le droit d’être encore pessimisme ?

 

Paradoxalement le tout optimiste n’est pas très bon.

Croire que tout ira toujours bien dans le meilleur des mondes n’est pas le comportement le plus efficace.

Le pessimisme c’est pas mal, c’est cool dans une certaine mesure.

Le problème c’est le pessimisme radical qui débouche sur cynisme, renoncement, morosité, scepticisme.

 

L’important c’est de distinguer 2 sortes d’optimisme : Optimiste de but ou de chemin ?

L’optimiste de but : c’est de penser « je vais réussir« .

L’optimiste de chemin :c’est de penser «  ça va être facile »

Le pessimiste de but : « je vais échouer »

Le pessimiste de chemin : « ça va être difficile »

 

En temps de crise trop optimisme de but et de chemin : penser que je vais réussir et en plus ça va être facile peut mener à des désillusions !!

Le tout pessimiste n’est pas terrible, on en revient au pessimiste radicale : »Ca va être difficile et en plus je ne vais pas y arriver » !!

 


Attention aussi à la « posture à la française « : pessimiste de but, optimiste de chemin : « on va échouer et on se sera bien marrer ! « .

On aura pas atteint l’objectif mais ça nous aura appris des trucs. 

La formule plus efficace : l’optimiste de but et pessimiste de chemin : ‘Ca va pas être facile facile mais je vais y arriver’ !!

 

Comment développer son optimisme : 

Pour développer son optimisme, la première des choses est d’ arrêter de se pourrir la vie. 

d’après Christophe André, les 3 façons les plus sûres pour se pourrir la vie à long terme sont :

-          Vouloir changer l’autre

-          Chercher en tout point la perfection

-          Passer beaucoup de temps à ruminer le passé !

 

Avoir un œil optimiste c’est avoir le culte des trains qui arrivent à l’heure. Focaliser l’attention sur ce qui est positif et qui se passe bien.

C’est adopter les bonnes stratégies mentales que l’on a vu précédemment :

- avoir confiance en l’avenir

- Evaluer la part réelle de notre responsabilité dans nos difficultés

- Se dire que demain est un nouveau jour et que tout peut toujours changer

- Se dire que notre difficulté est présente là tout de suite dans cette situation précise mais que tout reste possible comme si chaque situation nous offrait une nouvelle chance toute neuve à saisir. 

 

Voir le monde en optimiste c’est bien mais ce n’est pas tout.

Ce qui est intéressant aussi c’est…


Vivre en optimiste :


Vivre en optimiste c’est :

  • prendre des décisions de vies ou on va manifester cet optimisme
  • c’est le pouvoir de faire plutôt que de ne pas faire.
  • c’est le pouvoir de dire OUI à un certains nombres d’opportunités par rapport à dire, on verra plus tard.
  • c’est adopter une attitude positive par rapport à soi même.
  • c’est se poser et écouter sa propre façon de communiquer.

La question à se poser c’est :  » c’est comment de vivre avec moi ? quel est le type de choses que je communique à autrui … »

 

Vivre en optimiste c’est aussi explorer les territoires de la vie même sur les choses pour lesquelles on n’est pas attiré.

Les grands optimistes sont très curieux.  Aller voir ailleurs comment ça se passe, apprendre et sortir de sa zone de confort.

 

L’optimisme, c’est quelque chose qui se travaille : pour soi avec les autres

Manager avec ses collaborateurs ; enseignants avec ses élèves, parents avec leurs enfants, amis qui a un problème, l’optimisme se travaille dans la relation à autrui.

L’optimisme  c’est mieux quand on le fait a plusieurs :

L’optimiste est un homme ou une femme

-          qui a accepté de reprendre le contrôle sur son esprit (intelligence, foi, créativité)

-          qui est obsédé(e) par ses points forts, qui a identifier les leviers, les points de contrôles

-          qui va raisonner SOLUTIONS.

Pour conclure, d’après Suzanne Bissonnette : « l’optimiste : c’est l’incarnation humaine du printemps ».

D’après la présentation de Philippe Gabilliet.

Bien à vous,

Isabelle Barbanson